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jeudi 5 novembre 2009

« QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »


Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,
on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu’à chaque génération suffit sa peine,
sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :

«Il ne faut pas s’installer dans sa vérité
et vouloir l’asséner comme une certitude,
mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu’on appelait la Morale
et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie,
de la manipulation de la vie,
de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une période difficile
où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix,
le matérialisme,
l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l’once de tout destin,
tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu’au dernier jour,
jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher.
La vie est un combat
le métier d’homme est un rude métier.
Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.

Il faut savoir
que rien n’est sûr,
que rien n’est facile,
que rien n’est donné,
que rien n’est gratuit.

Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît
comme l’absurdité du monde,
une signification à notre existence.

Je lui dirai
qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
qu’il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés
au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai
que tout homme est une exception,
qu’il a sa propre dignité
et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai
qu’envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres
et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas
et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage, ces courages,
c’est peut-être cela

«L’Honneur de Vivre»

Hélie de Saint Marc

mardi 3 novembre 2009

Pas envie d’aller à la messe ?

Tu le dis à longueur de temps : tu n’aimes pas la messe et tous les prétextes sont bons pour y échapper. Tu essaies de négocier mais tes parents restent aussi inébranlables que Bouddha : tant que tu es sous leur toit, il y a des incontournables et la messe du dimanche en fait partie.
En prime, il faut mettre un pantalon, une chemise et des chaussures correctes … Tu grognes, tu grondes, tu finis par obtempérer et arrives sur les chapeaux de roues pendant le chant d’entrée.
Freinage d’urgence au Kyrie. « L’essentiel, c’est de participer », grommelles-tu avant de te rendormir. Tu parles d’une participation ! Tu subis. Maintenant que tu es là, réveille-toi et fais contre mauvaise fortune bon coeur.

Sers-toi de ta voix, pour chanter avec tes frères, prier avec eux, répondre aux oraisons du prêtre.
Sers-toi de tes yeux et de tes oreilles : la liturgie, que te dit-elle de Dieu ?
Sers-toi de tes mains et de tes jambes : chaque attitude physique reflète une attitude du coeur.
Tu vas à la messe pour répondre à l’appel du Christ. Le dimanche, point de réveil, ce sont les cloches qui sonnent (moins tôt, avoue !) : le Seigneur t’appelle. La messe, disent les prêtres qui ont fait du marketing dans leur jeunesse, est un rendez-vous d’amour. Un rendez-vous d’amour ?
Ça devrait te parler ! Pour tes amis, tu es fidèle et disponible. Le téléphone sonne et, hop, te voilà prêt à bondir pour venir en aide au copain qui t’appelle ou qui t’invite. Or, le Christ est bien plus que ton ami, il est ton frère et ton Dieu. Et Il t’attend ! Pour quoi faire ? Pour se donner à toi, pour remplir ta vie et ton coeur de son amour. Comment le Christ va t-Il donner sens à ta vie si tu ne te laisses pas aimer ? Car, dis-moi, qu’est-ce donc qu’un croyant non pratiquant ? N’est-ce pas un peu comme un amoureux qui ne verrait jamais sa fiancée ? De quoi nourrirait-il son amour ?
« La Messe est longue » me dis-tu ; et moi je te réponds parce que ton amour est court ! Je trouve même qu’il serait malhonnête de profiter de tes parents, du toit qu’ils t’offrent, des études qu’ils te paient, des repas qu’ils te servent, sans partager également avec eux leurs valeurs et à commencer par la première : la messe du dimanche. Chez eux tu n’es pas à l’hôtel et rien ne t’est dû. Et sache que si « ça te gonfle » d’aller à la messe, tes parents eux aussi en ont peut-être marre de repasser ton linge, faire ta lessive ou te conduire ici ou là pour tes soirées et tes rendez-vous divers.
Tu vas à la messe pour rencontrer tes frères. Le dimanche matin, toute la communauté paroissiale se retrouve. Les personnes seules, les familles, les enfant du caté, quelques bébés qui assurent un fond sonore, un ou deux copains traînés là par leurs parents (aussi ringards que les tiens, quelle misère …), des jeunes, des vieux, des petits et des costauds, des drôles et des sérieux, tous rassemblés au nom du Seigneur. D’un seul coeur et d’une seule âme, réunis pour prier, chanter, nous sommes le signe, les uns pour les autres, de l’amour de Dieu pour chacun de nous. L’Eglise ne peut vivre pleinement sans toi. Tu es attendu et ta place reste vide lorsque tu ne viens pas. Tu vas à la messe pour t’offrir avec le Christ. Pas la peine d’ouvrir des yeux comme des soucoupes : tu as bien lu. L’eucharistie est, dit l’Eglise, le centre et le sommet de la vie chrétienne qu’elle construit en profondeur. Une vie chrétienne sans Eucharistie, c’est un peu comme un homme sans colonne vertébrale : ça ne se tient pas, ça n’avance pas, c’est mou et difforme. Sais-tu que, par ton baptême, tu es appelé à exercer un sacerdoce baptismal ? Ton sacerdoce baptismal consiste à t’offrir toi-même à Dieu, à la suite du Christ. Et c’est l’Eucharistie qui fait le lien entre l’offrande du Christ et l’offrande de soi. Le pain et le vin représentent ta vie, ton travail, tes joies, tes difficultés. De tout cela, le Christ fait son Corps et son Sang. Dans l’eucharistie ton offrande rejoint celle du Christ, et est sanctifiée par elle.
Si bien que « participer » ne consiste pas d’abord à lire, quêter ou chanter : participer, c’est s’offrir en même temps que Jésus à son Père : mettre dans la patène toute ta vie, tes projets, tes questions. Tu vas à la messe parce que c’est là que se construit ta vie familiale. La messe dominicale donne une orientation et une cohérence de fond à ce que tu vis le reste de la semaine. Finalement l’enjeu n’est pas une heure le dimanche matin, c’est bien plus que cela : le pardon, la tendresse, la fidélité, la charité, le sens du service vécus chaque jour. Tu sais comme cela est difficile, où trouver la force de le vivre sinon dans le Christ ? Comment peux-tu m’assurer vouloir rester fidèle à ta femme ou à ton mari toute ta vie si tu ne peux être fidèle à une heure de célébration chaque semaine ?
Alors, toujours obligé d’aller à la messe ? Eh bien oui ! La foi demande toujours une fidélité. Comme tout amour, elle s’éprouve et se dit dans la durée. Car, n’en doute pas, l’amour est exigeant : dans tout amour, il y a d’abord la volonté d’aimer.
Jean-Paul II rayonnait d’amour mais n’a jamais lâché sur les exigences de l’amour … Oui, il y a un effort à fournir mais cet effort a un but : l’amour.

mercredi 28 mai 2008

Tro Breizh

Chers amis pèlerins du chapitre Saint Malo,

Chers amis,


Après ces trois jours passés ensemble sur les routes de Chartres, plusieurs d’entre vous ont manifesté le souhait d’organiser d’autres activités ensemble durant l’été. Etant placés sous la bannière de Saint Malo, l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne, c’est donc tout naturellement que nous avons pensé à marcher sur les chemins bretons.

Le Tro Breizh, littéralement, « Tour de Bretagne » est un pèlerinage ancestral que tout breton doit accomplir au moins une fois durant sa vie sous peine de le faire après sa mort à la vitesse d’une tombe par jour. Il se compose de sept étapes reliant les sept anciens évêchés de Bretagne, placés sous la protection de l’un des sept saints :

Dol de Bretagne (Saint Samson) – Vannes (Saint Patern)

Vannes (Saint Samson) – Quimper (Saint Corentin)

Quimper (Saint Corentin) – Saint Pol de Léhon (Saint Pol)

Saint Pol de Léon (Saint Pol) – Tréguier (Saint Tugdual)

Tréguier (Saint Tugdual) – Saint Brieuc (Saint Brieuc)

Saint Brieuc (Saint Brieuc) – Saint Malo (Saint Malo)

Saint Malo (Saint Malo) – Dol de Bretagne (Saint Samson)

Le Tro Breizh peut se faire dans un sens comme dans l’autre et les étapes peuvent être effectuées dans l’ordre que l’on souhaite. Chacune des étapes fait plus ou moins une centaine de kilomètres et peut être facilement parcourue à pieds en une semaine.

Pour cette année, nous vous proposons l’étape Saint Malo – Saint Brieuc d’une distance d’environ 90 Km. La distance étant relativement courte par rapport au temps prévu, nous pourrions ainsi associer le spirituel au culturel, et même à la détente (sport, plage, etc…) Cette marche permettrait aussi de mieux nous connaître et de passer un bon moment ensemble.

Les dates ne sont pas encore arrêtées, mais nous pensons pour l’instant à la dernière semaine d’Août, du 25 au 31. Il faut maintenant voir avec les disponibilités de chacun.

Afin de faciliter l’organisation de ce pèlerinage, merci de me contacter rapidement afin de me communiquer vos disponibilités et désidératas.

En vous souhaitant une bonne fin d’année scolaire et de bonnes vacances pour ceux qui ont la chance d’en avoir, soyez assurés, chers amis, de mes fraternelles salutations.

En union de prières,

Henri de Rodellec


PS : Si vous n'avez pas mon adresse E-mail, laissez une note sous ce post pour me contacter

PPS : Recrutez autour de vous.

lundi 31 mars 2008

WE de préparation

32625741.JPGVous pouvez regarder les photos du WE de préparation que nous avons passé à Saint-Malo (ceux qui font les médits) ici

jeudi 27 mars 2008

Discours du Pape Jean-Paul II le 2/11/2004


Chers jeunes amis!

1. Je vous accueille avec plaisir et je vous salue avec une profonde affection. Je vous remercie de tout coeur pour votre présence et pour ce signe important de communion. Je remercie en particulier la jeune fille qui a parlé en votre nom à tous.Papa004.jpg


La "Charte des jeunes chrétiens d'Europe" que vous êtes venus me remettre est née du récent pèlerinage européen des jeunes sur la tombe de l'Apôtre Jacques, à Saint-Jacques-de-Compostelle, un point de convergence significatif, grâce auquel les peuples du continent ont appris, au cours des siècles, à se connaître et à s'accepter réciproquement, contribuant ainsi à la formation de l'Europe.


2. Etre témoins du Christ pour construire une Europe de l'espérance. Tel est le message que vous avez à coeur de lancer aux jeunes de votre âge et à toute la communauté européenne d'aujourd'hui. Le rêve que vous conservez dans votre coeur est celui d'une Europe fière de son riche patrimoine culturel et religieux, et attentive dans le même temps aux valeurs de l'homme et de la vie, de la solidarité et de l'accueil, de la justice et de la paix.


Vous n'avez pas honte de l'Evangile et vous êtes conscients que la civilisation de l'amour ne se construit pas en séparant l'Evangile et la culture, mais en recherchant entre eux des synthèses toujours nouvelles.


Vous avez l'intention de parcourir ce chemin afin de donner vie à un Continent riche surtout de valeurs, capable de se souvenir, pour ne pas oublier les erreurs du passé et, plus encore, pour renforcer ses propres racines spirituelles.

3. Afin de mener à bien votre mission, il est nécessaire d'être fidèle au Christ et à son Eglise, de faire preuve de cohérence et de courage jusqu'à l'héroïsme de la sainteté. Tel est l'itinéraire qu'ont parcouru les saints et les saintes d'Europe au cours des siècles derniers. Que leur témoignage constitue un encouragement pour chacun de vous, très chers jeunes, qui me suivez à travers la radio et la télévision.


Que veille sur vous la Vierge Marie qui, dans l'humble Maison de Lorette, a accueilli au cours des siècles d'innombrables pèlerins provenant de toutes les parties d'Europe.

Le Pape s'unit à votre prière et, alors qu'il vous encourage à apporter avec franchise votre témoignage au Christ, il vous bénit de tout coeur.